nelson Admin


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Posté le: Mer Fév 21, 2007 5:46 pm Sujet du message: Eloge de la robe |
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Elle porte une robe légère, seconde peau flottant autour d’elle comme une corolle sensuelle.
Pour elle-même, c’est une impression un peu forte. Elle a porté des pantalons plus ou moins toute sa vie. La partie inférieure de son corps a donc toujours été bien protégée—des éléments autant que des hommes.
Comme la personne qui arrête de porter des lunettes après de longues années ressent la caresse de l’air sur son visage comme un peu trop forte au début, elle doit se sentir nue et exposée, une impression exacerbée qui, si elle la laisse s’infiltrer en elle sans le filtre de son éducation délétère, peut être agréable : une caresse permanente sur des parties de son corps si sensibles à cette douceur ineffable !
Lui est à côté d’elle, plutôt, il la retrouve subitement à ses côtés, alors qu’elle vient de tourner le coin d’un couloir plein de lumière et de sonorités cristallines. Il est pris de court par cette apparition flottante. Le sang monte en lui, partout, de ses joues à son anatomie sensuelle. Il vient près d’elle, et le plus naturellement du monde, sa main glisse doucement sur la robe soyeuse, cherchant l’ourlet sublime, la couture frontière, cette ligne de tissu lui ouvrant le passage vers l’envers du décor.
Puis la main rencontre la jambe nue et commence à remonter, doucement, le long de cette nouvelle douceur, chaude.
Elle s’est arrêtée, figée comme la biche à l’affût du chasseur dans le bois, sens ouverts, elle est toute présente, là où cette main invisible glisse inéluctablement vers le haut, lenteur lancinante, douceur douloureuse, détermination déroutante. Chaque centimètre est le lieu d’un embrasement qui à peine entamé est laissé à lui-même alors que la main continue son ascension. Elle s’arrête parfois pourtant comme pour se reposer et caresser la jambe au même niveau. Est-ce une pause rafraîchissante ou une torture supplémentaire ? Car peut-elle ressentir que maintenant l’embrasement se propage à une vitesse qui la met en émoi. Peut-elle permettre que cette main baladeuse parle à son corps si loin et si profond ? Par quelle magie peut-on lui faire ça ? Comment doit-elle gérer ce tremblement qui s’empare d’elle, plus limité maintenant à l’endroit où la main se repose, mais qui va bien avant sur son corps et dans son être, en des endroits si loin encore de la main qu’ils crient la détresse que cette distance leur occasionne.
Elle sent ses fesses frémir, la sueur y glissant de moites caresses avant-coureuses. Elle sent ses hanches attendre le contact sans hésitation. Elle sent son ventre vaguement vagir en voyant la vague venir. Elle sent son buste bouillir d’impatience. Elle sent ses seins saisis de sensations délicieuses. Elle en sent les tétons, tentant dans l’obscurité tendue du corsage pourtant ténu, d’atteindre cette main tentatrice. Elle sent la fontaine de ses entrailles se mettre à fondre.
La main reprend son mouvement, lentement, délibérément. Elle atteint cette zone ou les cuisses deviennent une et changent de nom. Elle sent le tissu léger d’une culotte. Délicatement, elle en parcourt d’abord le contour, de bas en haut, puis d’un côté à l’autre, mélangeant sa moiteur à celle qu’elle rencontre à la surface du tissu tendu par une bombe charnue.
Puis un doigt d’abord se glisse entre tissu et corps, traversant cette barrière futile et pourtant si forte en impressions, dont la présence fut une bénédiction.
La main sent alors sans intermédiaires la douceur de l’intimité de sa compagne.
<DEBUT><FIN> _________________
Aimer, c'est trouver sa richesse hors de soi.
Dernière édition par nelson le Mer Fév 28, 2007 6:07 pm; édité 1 fois |
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